Le Pétassou de Trèves

Trèves, le 3 février, fête de la Saint-Blaise, maître des vents, patron des cardeurs et tisserands. C’est le jour de la fête votive et c’est à cette occasion que surgit Pétassou. Venu d’un autre temps, cet être fantasque et enivrant perpétue, chaque année, ses visites chez les habitants du village et des fermes voisines, les fait danser et rire, les effraie, les émeut, tant l’intention qui l’habite fait sens à leurs yeux. À la fois symbolique et structurante, cette tradition n’a rien de folklorique. Elle est active et portée, aujourd’hui encore, au sein des villageois, par un groupe de jeunes gens répondant au nom de Ganels.

Pétassou, comme son nom l’indique, est fait de bouts de tissus enchevêtrés les uns aux autres. Ajouté au port du masque, le costume couvre le corps du porteur de la tête aux pieds, car nul ne doit le reconnaître. Bondissant ça et là avec son balai de genêts, il repousse les audacieux qui cherchent inlassablement à crever la vessie de porc suspendue sur son épaule. Gonflée d’air, celle-ci abrite le souffle des âmes passées et en devenir, souffle régénérateur qui emporte avec lui les vissicitudes hivernales pour laisser place au renouveau printanier. Un lien apparaît ici avec les pratiques carnavalesques…  Pétassou, c’est tout cela à la fois, et bien plus encore !

En effet, que nous dit-il, du rapport au sauvage ? Ne pourrait-on pas interpréter ce rite au prisme du culte de l’ours dont certaines découvertes archéologiques ont révélé l’existence, il y a plusieurs années de cela,  non loin de Trèves ? Que représente ce rite dans le contexte actuel marqué par des pratiques et des façons d‘habiter le territoire qui se recomposent continuellement ? Autant de questions auxquelles l’enquête  en cours tentera d’apporter des éléments de réponses.

Plusieurs expositions ont déjà été réalisées par la Tortuga (Millau en 2012 ; La Serreyrède en 2013 ; Saint-Affrique en 2015).

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